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Clément juchereau

Né le  28 janvier 1906 à Forges d’Aunis de parents agriculteurs, Clément Juchereau fait ses études à l’école communale de Forges.

Après son service militaire en 1930, il est envoyé au Congo, au titre de la coopération en qualité d’administrateur civil. En effet, le Congo est à cette époque en pleine transformation coloniale, l’infrastructure est posée, les villes créées. C’est pour Clément Juchereau une première expérience de terrain où il a le sentiment de faire œuvre utile et qui lui permet de développer ses qualités d’organisateur. Il y restera trois ans.

Mobilisé de septembre 1939 à juillet 1940, il revient habiter à La Rochelle dans le quartier de Tasdon puis avenue Coligny à La Genette.


Homme de combat  -  Homme de projets  -  Homme de terrain


Clément Juchereau était d’abord un homme profondément humain naturellement voué au combat social. Un tempérament bien trempé certes, mais toujours préoccupé de justice et d’humanité.


Homme de conviction, du fait de ses choix professionnels, associatifs et politiques, il s’engage au réseau Navarre. Puis on retrouve Clément Juchereau dans toutes les phases clefs des contacts, de la coordination et de l’unification des groupes de Résistance, à une époque où chaque groupe œuvre de son côté dans l’ombre de la clandestinité.


Dès 1942, il est à l’origine des contacts du Front national de la Résistance avec les deux principaux mouvements implantés à La Rochelle, le groupe Honneur et Patrie et le réseau Centurie. En janvier 1943 il organise une réunion à laquelle participe Edmond Grasset qui vient d’être désigné chef départemental du mouvement Libération Nord. Cette union débouchera sur l’organisation de l’ O.C.M. (organisation civile et militaire) qui comporte un état-major militaire et une branche civile. Clément Juchereau va jouer un rôle important entre les groupes et maintenir l’union au-delà des considérations politiques.

A partir d’août 1943, il participe aux côtés de Roger Faraud, lui-même en liaison avec le futur commissaire de la République de Libération Schueller, à la mise en place des préfets et sous-préfets de la région puis des comités de Libération.

La fin de l’année 1943 voit s’effondrer l’organisation de la Résistance départementale. Les arrestations se multiplient suite à des infiltrations d’agents doubles et de trahisons. Le groupe Honneur et Patrie est particulièrement touché en octobre 1943. Clément Juchereau reste plusieurs semaines près de St Nazaire sur Charente avant de redevenir agent de liaison de Roger Faraud.


La Résistance se réorganise avec les responsables qui ont échappé aux arrestations ou qui se sont réfugiés à Paris, comme Edmond Grasset. Ce dernier est désigné préfet de la Libération après l’arrestation en septembre 1943 de Léopold Robinet, membre du groupe Honneur et Patrie, exécuté le 11 janvier 1944.

Edmond Grasset revient donc en janvier 1944 pour participer à une réunion organisée par Clément Juchereau avec le représentant du Front National de la Résistance et un délégué du Parti Communiste.


Le 10 mai, Edmond Grasset et Clément Juchereau doivent se retrouver à Bordeaux. Celui-ci est prévenu la veille au soir de l’assassinat à Paris d’Edmond Grasset par la Milice et échappe de justesse à la souricière tendue à l’hôtel Régina.


En octobre 1944, au moment où la « poche » de La Rochelle se referme, Clément Juchereau s’installe à Saintes, continuant son travail auprès de Roger Faraud, président du Comité Départemental de  Libération. Il suit les questions de ravitaillement de la population civile de La Rochelle et intervient notamment lors des manifestations hostiles pour donner toutes les assurances sur la répartition des denrées envoyées.


Défenseur des droits de l’homme, il devient le 24 février 1945 secrétaire général du Comité départemental d’épuration.

Après le 8 mai, il revient à La Rochelle libérée en qualité de président du Comité Rochelais de Libération. Il remplace Gaston Perrier décédé en décembre 1944. Il est élu à La Rochelle sur la liste socialiste, second adjoint au maire Franck Lapeyre, puis conseiller municipal jusqu’à fin 1946. Il deviendra par la suite président du Comité de coordination de tous les mouvements patriotiques et de résistance, responsabilité qu’il conservera toute sa vie.


Sa carrière professionnelle atteste de la fidélité de ses engagements puisqu’il choisira de la mener au sein du mouvement coopératif.

Il fait ses débuts à la coopérative d’Aigrefeuille en 1935. Devenu inspecteur des coopérateurs, chargé de mission à l’UDC de La Rochelle, il visite inlassablement les petites coopératives disséminées dans les villages et les quartiers afin de les regrouper au sein d’un mouvement régional. Il effectue ses tournées d’abord à bicyclette, avant de disposer d’une voiture. En 1951 il est nommé adjoint de direction puis directeur commercial.


En 1961, il prépare la fusion de l’Union Départementale des Coopératives de La Rochelle avec la Coopérative Régionale des Charentes et Poitou de Saintes. Il devient alors directeur commercial de cette société et l’instigateur du centre commercial de Beaulieu à Puilboreau. Pour lui, le mot « coopération » était synonyme  de « Paix-Bonheur-Prospérité »


Parallèlement à sa carrière professionnelle qui se poursuit jusqu’en 1971, il est engagé politiquement dès les années 1930 au sein de la SFIO. Il mène également et sans relâche un combat pour l’école, la laïcité et les droits de l’homme. Ce ne sera jamais un homme de reniement ou de compromission.


D’abord délégué cantonal, il devient par la suite président départemental puis président d’honneur des DDEN (Délégués départementaux de l’Education nationale).


Son rôle à la fédération des Œuvres Laïques est déterminant. Il participe à l’installation de la colonie de vacances « La Clairière » à Arvert. Puis avec l’Université Populaire des Amis de l’Ecole Laïque, il ouvre sur la commune d’Angoulins, le premier centre aéré destiné aux petits rochelais. On doit ensuite à sa pugnacité et à celle de son équipe d’avoir su convaincre Michel Crépeau du besoin impératif de construire un centre de loisirs à Cheusse, pour les enfants de La Rochelle. Il sera aussi vers les années 1960 à l’initiative de la première association de parents d’élèves des lycées à La Rochelle.


Il joue un rôle prépondérant au comité de quartier de la Genette, dont il est l’un des fondateurs en 1972. Par la suite, installé avenue de Vienne, il participe, peu de temps avant sa disparition, à la préparation de l’association des propriétaires des lotissements municipaux de Bel Air.


Dès l’ouverture de l’école d’adaptation sensorielle et motrice de Bongraine en 1963, avec les encouragements de M. Grill, Inspecteur d’académie et de M. Jégou Inspecteur primaire, Clément Juchereau crée l’Association pour la Sauvegarde de l’Enfance et de l’Adolescence. Cet outil était indispensable à la recherche des fonds nécessaires à l’équipement et à l’achat de matériel spécifique. Cette école primaire publique recevant des enfants malvoyants et infirmes moteur. Plus tard, après l’ouverture de classes pour les enfants malentendants, l’association permettra le financement pérenne de l’enseignement en langue des signes.


C’est un homme en pleine santé malgré ses 82 ans, qui disparaît tragiquement au cours d’une promenade au Môle d’Escale de La Pallice. Ses obsèques ont lieu le 17 février 1988.


Ses décorations : Médaille de la Résistance – Commandeur des Palmes académiques (pour services rendus aux œuvres scolaires et périscolaires) – Diplôme de reconnaissance – Président d’honneur de la FOPAC (pour services rendus à la cause des anciens combattants et victimes de guerre).


Janine et Jean-Claude Dallançon.

Avec la précieuse collaboration de Mme Lucile Cadiou-Juchereau et de Francis Juchereau, ses enfants.

Remerciements à : Jean Matifas, président départemental de la Fédération Nationale des Déportés Internés Résistants et Patriotes. Mme Ch. Gachignard et M. Ph. Marty, professeurs d’histoire.

Extraits de l’allocution de Paul Lysiack aux obsèques de Clément Juchereau et « Occupation, Résistance, Libération » d’Henri Gayot.










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